Il y a certaines séries qu'on aime bien, parce que c'est rigolo quand on regarde avec les copains, que c'est un peu con mais que ça passe le temps... et puis il y a d'autres séries qu'on met vite au-dessus du lot, parce qu'on sent que c'est différent, que c'est plus soigné et que c'est tout simplement... mieux! Dexter fait partie de cette catégorie, pour mon plus grand bonheur.
A la base de Dexter, on trouve un bouquin de Jeff Lindsay nommé Darkly Dreaming Dexter, traduit chez nous par Ce cher Dexter. Adapté en 12 épisodes, ce premier roman a déjà connu une suite sous le nom de Dearly Devoted Dexter (Le passager noir), qui devrait servir de base pour la prochaine saison, annoncée pour la fin de l'année. Le troisième roman (Dexter in the Dark) sortira aux USA cet été.
Dexter est un expert en médecine légale, spécialisé dans les traces de sang. Si vous voulez savoir comment une femme a été égorgée dans son appart, rien qu'en regardant les éclaboussures sur le mur, c'est Dexter qu'il faut appeler. Sauf que sous cette profession déjà bien glauque, Dexter est aussi un serial killer (un quoi? :D). Absolument vide de tout sentiment depuis son plus jeune âge, Dexter a la bonté de canaliser toute sa violence pour tuer, oui, mais pas n'importe qui, vu qu'il ne tue que les « méchants ». Pédophiles, violeurs, assassins, vous pensiez pouvoir échapper à la justice en jouant des coudes, c'est raté, Dexter guette la nuit et risque de vous ajouter à sa collection.
A peine a-t-on le temps de faire connaissance avec le personnage, que le fil rouge de la série apparaît, quand Dexter se retrouve confronté à une affaire plus que suspecte. Un nouveau tueur en série sévit en ville, s'attaquant aux prostituées et déposant les cadavres complètement exsangues et proprement découpés en morceaux. Pas une goutte ne filtre, Dexter semble avoir trouvé son antithèse, qui a bien l'air de vouloir jouer avec lui au chat et à la souris.
Entre humour noir et violence, la série commence fort. Dexter est froid et cynique, il se fond dans la masse en prétendant être comme tout le monde, il apporte des donuts aux collègues et maintient les apparences avec sa copine traumatisée. Toutefois, son véritable plaisir reste d'organiser ses meurtres, selon le code pactisé avec son père, pour pouvoir rajouter une plaquette de sang, dans sa boîte planquée derrière la ventilation de son appart. Et puis, il y a le jeu qui commence, le défi du mystérieux Ice Truck Killer, qui semble connaître les secrets de Dexter, et se glisse en douce chez lui pour lui apporter des cadeaux malicieux dans son frigo. Une délicate attention!
Bien que tueur en série, Dexter agit donc selon des principes, une certaine idée de la justice, ce qui lui permet d'attirer la sympathie du spectateur. Incarné à merveille par Michael C. Hall (David de Six Feet Under), tout en nuance, le personnage est étonnamment attirant, en vengeur sombre et implacable, les évènements rythmés par le son rauque de ses commentaires. Pourtant, au fil de la série, Dexter change. Pas complètement, mais petit à petit, il se laisse envahir par son passé et commencerait presque à apprécier certains moments fugaces de la vie quotidienne. Mais plus son humanisation prend le pas sur ses pulsions, et plus le piège se referme...
Le reste du casting est tout aussi bien choisi, et promet de nombreuses tensions, même s'il demeure tout de même en cran au dessous du héros. Bien que durant 55 minutes chacun, les épisodes s'enfilent avec un plaisir jubilatoire (une bonne occasion de faire le goret en ne décollant plus du canapé) avec sang et humour, youpi! Le petit reproche très personnel, c'est que j'ai deviné qui était le tueur assez rapidement (sachant que comme je l'ai déjà dit, je suis assez nulle en général pour ce genre de choses), mais au final, ça ne gâche aucunement le plaisir, vu que la série elle-même dévoile assez vite son identité, et que du coup, le stress est encore plus fort (type «
naaannn, fais pas çaaa, c'est lui le tueeuuur!»).
Pour couronner le tout, sur la forme, c'est la grande éclate, à l'image de l'excellent
générique, vous ne presserez plus les oranges de la même façon :molo:. Mais désormais, il faut attendre septembre 2007 pour la deuxième saison. Certains problèmes se posent quant à l'adaptation du deuxième livre, des passages du premier ayant connu quelques changements (parfois majeurs) lors du passage tv. Pas d'autre choix que de faire confiance aux scénaristes d'ici là, en espérant que Dexter garde sa brutalité et son besoin de violence enivrante.
Bref, Dexter c'est super! (la série a été achetée par Canal+ (diffusion au printemps normalement) et TF1 (?! une diffusion dans le désordre à 3h du mat? :D) si jamais)